mercredi 10 mars 2010

EXPO à la Supérette de notre collectif (EXIT) du 06/03 au 26/03

















Cf: le magnifique blog de Marianne!
http://damequipique2010.blogspot.com/2010/03/exit-expose-les-precieuses-ridicules.html

jeudi 18 février 2010

William Wegman









Baudelaire tenait son chat pour responsable de ses prouesses poétiques, William Wegman, artiste conceptuel voit dans son braque de Weimar à la robe taupe, une muse certaine, sur laquelle s’appuie indéniablement toute son œuvre photographique. Trublion américain de l’histoire de l’art, cet artiste, trop peu souvent pris au sérieux livre à la galerie Senior & Shopmaker, une exposition rétrospective de ses travaux de 1981 à nos jours.

Un détournement des clichés artistiques

Les œuvres de William Wegman peuvent facilement passer pour des illustrations de calendrier, sauf que leurs dimensions et leurs positionnements critique font d’elles d’incisifs supports de réflexion sur notre société. Enseignant au California State College dans les années 1970, il établit peu à peu un rapport bien particulier avec son chien, au nom plus qu’honorifique,Man Ray. Le ton est donné, Wegman ne sera pas de ces artistes post-duchampiens ou néo-minimalistes pompeux. Abordé au départ comme un jeu sur les postures et les expressions anthropomorphes, le chien s’impose rapidement dans ses travaux comme sujet central, sur lequel s’inscrit et se métaphorise les systèmes comportementaux de l’homme. Wegman s’amuse ainsi des thèmes romantiques de l’histoire de l’art, en plaçant Man Ray à la manière des philosophes de dos de Caspar D. Friedrich ( North, 2001). Entrance(2002), soit la mise en scène de son braque fétiche affalé sur une souche à la mousse verte et moelleuse, rebondit sur la peinture préraphaélite, en détournant l’Ophélie noyée vers une sieste paisible, clôturant une hypothétique balade en forêt.

Sous l’humour, un univers domestiqué

La plupart des clichés de Wegman ayant pour base, une solide tranche d’humour et de provocation, ils séduisent d’abord pour interroger ensuite. En substituant le chien à l’homme, il apparaît davantage comme un artiste conceptuel qui s’adapte, plutôt que celui qui se revendique. « Compagnon fidèle » de l’homme qui ne se présente plus, le chien revêt ici les valeurs sociales et individuelles, entre conformisme et décalage. William Wegman reprend, renverse, flirte avec ses collègues photographes, en déguisant et disposant ses chiens au centre de compositions pinces sans rire, dont certaines pourraient aisément être signées Pierre et Gilles.
Il applique également ce procédé ludique à ses installations vidéo, sortes d’études des déplacements canins au sein d’un espace délimité.
En laborantin baroque, Wegman repose la question de la normalité, se positionnant tour à tour du côté de la parodie ou de la méditation, sans jamais tomber dans un systématisme pourtant risqué. Un artiste peu représenté en France, pourtant clef, frère spirituel de John Baldessari, celui qui enseignait l’alphabet aux plantes…

mercredi 10 février 2010

JR











JR possède la plus grande galerie d'art au monde. Il expose librement dans les rues du monde entier, attirant ainsi l'attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées habituellement. Son travail mêle l'art et l'action et traite d'engagement, de liberté, d'identité et de limite. Après avoir trouvé un appareil photo dans le métro parisien, il explore l'art urbain européen et suit ceux qui expriment leur message sur les murs. Puis, il commence à travailler sur les limites verticales, observant des gens et des tranches de vie dans les sous-sols interdits et sur les toits de la capitale. En 2006, il réalise Portrait d'une génération, des portraits de jeunes de banlieue qu'il expose, en très grand format, dans les quartiers bourgeois de Paris. Ce projet illégal est devenu officiel lorsque la mairie de Paris a affiché des photos de JR sur ses bâtiments.En 2007, avec Marco, il réalise Face 2 Face, la plus grande expo photo illégale jamais créée. JR a affiché d'immenses portraits d'Israéliens et de Palestiniens face à face dans huit villes palestiniennes et israéliennes et de part et d'autre de la barrière de sécurité. Les experts disaient que ce serait impossible. Et pourtant, il l'a fait.En 2008, il est parti pour un long périple international pour Women, un projet dans lequel il souligne la dignité des femmes qui sont souvent les cibles de conflits. Bien entendu, cela n'a pas changé le monde mais parfois, un seul éclat de rire dans un lieu inattendu permet de croire que c'est possible. JR crée "l'art infiltrant" qui s'affiche, sans y être invité, sur les immeubles des banlieues parisiennes, sur les murs du Moyen-Orient, sur les ponts brisés d'Afrique ou dans les favelas, au Brésil. Des gens qui vivent souvent avec le strict minimum découvrent quelque chose d'absolument superflu. Et ils ne se contentent pas de voir, ils participent. Des vieilles dames deviennent mannequins pour un jour, des gosses se transforment en artistes pour une semaine. Dans cette action artistique, il n'y a pas de scène qui sépare les acteurs des spectateurs. Après les expositions locales, les images sont transportées à New York, Berlin ou Amsterdam où les gens les interprètent à la lumière de leur propre expérience. Comme il reste anonyme et n'explique pas ses immenses portraits grimaçants, JR laisse un espace libre pour une rencontre entre un sujet/acteur et un passant/interprète.

C'est sur cela que JR travaille, poser des questions...

Gabriel Jones

Vincent Perrottet

En 1989, Vincent Perrottet et Gérard Paris-Clavel créent les Graphistes Associés, l’un des trois ateliers issus de Grapus avec Jean-Marc Ballée, Anne-Marie Latrémolière et Odile José. Les Graphistes Associés se définissent comme un atelier de conception d’images publiques d’utilité sociale cherchant à développer en France une pratique du graphisme responsable. Gérard Paris-Clavel quitte le groupe en juin 1992. Les Graphistes Associés (Sylvain Enguehard, Odile José, Anne-Marie Latrémolière, Mathias Schweitzer et Vincent Perrottet) se séparent en mai 2000. Vincent Perrottet est actuellement graphiste libre et indépendant, travaillant en association avec Anette Lenz pour le théâtre d’Angoulême. Parallèlement à son activité de graphiste, Vincent Perrottet est enseignant : en 1992 et 1993, il est professeur à l’École Supérieure d’Art et de Design d’Amiens (ESAD) et fait des interventions multiples en cours, conférences, jury de concours d’entrée et de diplômes à l’ENSAD, l’ESAG, l’Ecole Estienne, l’ENSCI, l’École d’architecture de Marne-la-Vallée et dans les nombreuses écoles d’art. Depuis 1999, il enseigne à l’École d’art du Havre. Vincent Perrottet est membre de l’Alliance Graphique Internationale (AGI) depuis 2002. En 2004, il a été lauréat, avec Anette Lenz, de la biennale d’affiches de Téhéran (2ème prix) et de la biennale d’affiche de Ningbo en Chine (Grand prix).

« Notre regard croise quotidiennement des centaines d’images urbaines (affiches, enseignes, publications portées par les uns et les autres…) sensées nous intéresser, nous informer, nous orienter, nous ordonner. Mais si l’on nous demande d’en raconter ou d’en décrire ne serait-ce qu’une seule, même de façon succincte, il nous est presque toujours impossible de parvenir à nous remémorer ce que nous avons vu. Comme si nous ne les avions perçus que pour les éviter, comme si leurs formes et leurs messages ne nous renvoyaient à rien qui nous fasse réfléchir, rien qui puisse nous impressionner intelligemment, sensiblement. Lorsque nous allons dans des musées, au cinéma ou bien lorsque nous lisons et regardons des livres d’images, il nous est plus facile de faire travailler notre mémoire visuelle. Qu’en penser ? Que l’espace public urbain n’est pas propice à l’observation sensible des images et des messages de communication visuelle proposés ? Qu’elles ne sont surtout pas faites pour nous intéresser où nous faire réfléchir mais plutôt pour nous gouverner de façon «Pavlovienne» (acheter, tourner à droite, à gauche, voter, ne pas avoir peur d’être perdu…) ? Qu’elles sont si mauvaises, si insignifiantes dans leur mise en formes et dans leurs énoncés que nous refusons de les voir comme on arrête de respirer lorsque notre odorat capte une mauvaise odeur ? Faisons-nous de l’apnée visuelle…? Je vais juste essayer d’attraper le regard des passants, pour les ralentir, les arrêter et les mettre en lecture de ce que j’aurai à leur dire. Peut-être les toucher à l’endroit sensible de leur perception des formes et du sens de nos existences, les rendre critiques en accord ou en contradiction avec mes propositions, générer des discussions entre celles et ceux qui en auront tiré quelque chose, et puis espérer produire de la réflexion et de la mémoire. Comment est-ce que je vais faire ? Vous le verrez bien… ou non. »



mercredi 27 janvier 2010

Début d' INTRO...

LA DIVERSITE COMME UNITE

Entre deux mondes


Partant de mes premières expérimentations photographiques autour de la notion de Récits de frontières -qui consistait à placer l’homme dans un contexte urbain, en jouant avec les lignes au sol, indice formel , du passage de la ligne, d’un état à un autre. Signe codifié au sol, la ligne comme valeur symbolique de la limite. Comment le corps se positionne-t’il dans cet entre-deux- traité l’an dernier durant mon voyage d’étude aux Etats-Unis, l’Homme est au centre de mes recherches, je me suis intéressée à comprendre comment il vit dans un espace propre au changement. Après un premier examen de la planète, de là se greffe mon projet actuel au-delà du constat.

Ce qui me paraît être la caractéristique principale de la société française, c’est qu’elle est de plus en plus divisée en un grand nombre de petits groupes distincts. Cependant, il m’apparaît en même temps que cette société subit l’influence d’un phénomène d’uniformisation qui touche l’ensemble des nations du globe, comme si l’uniformisation allait de pair avec l’atomisation. Comment rendre compte de se phénomène, ce double constat ma incité à créer un lien entre volet économique et volet créatif.

En partant d'un constat social qu'est la tendance à l'uniformisation et la diversité culturelle, mon intérêt s'est porté sur le déséquilibre viscéral que l'on voit apparaître à partir de ces principes économiques. De plus, grâce à ma formation je me suis intéressée plus particulièrement au monde économique et social. Dans un premier temps, je vais mettre en exergue les dérives pernicieuses de nos modes de fonctionnements, en mettant l’accent sur des aberrations grandissantes, par exemple, cette course à la consommation qui ne cesse de nous dicter nos achats en nous leurrant un besoin qui bien souvent est en réalité artificiel. « Privilégiant le désir au besoin, le superflu au nécessaire, la séduction à la faculté de juger. On assiste depuis quelques années, à une révolution industrielle qui se caractérise par une conversion « esthétique » du capitalisme (…) une guerre économique est en cours pour le contrôle des émotions et des affections. » Olivier Assouly, Capitalisme esthétique, Paris 2008.

J'ai choisi comme contexte de travail le monde économique car il régit nos vies et il est assez difficile d'y échapper. Cette discipline qui prétend régir les rapports entre les hommes, suggérant que l’homme reste au centre des préoccupations. Cette ligne imaginaire qu’est l’économie me permet d’explorer les dimensions politiques, économique, social et psychologique de nos modes de vies. Dans le passé, nous avons pu observer des formes de totalitarisme politique maintenant nous sommes face à un totalitarisme économique. Nous ne pouvons nier le fait qu’il existe de nombreuses contradictions dans nos sociétés contemporaines. Depuis longtemps, l’Homme a ce désir d’universalité mais pas forcément économique.

« La mondialisation produit de l’uniformisation et de la diversité culturelle, du métissage et de l’identité. Toutes les grandes villes internationales tendent à se ressembler, mais grouillent en leur sein une diversité inédite » J.F Dortier

Cependant au sein d'une même ville, d'un même lieu, des hommes et des femmes se côtoient sans se rejoindre, des univers cohabitent sans se voir. Deux mondes parallèles, l'un qui suit cette tendance à l'uniformisation et l'autre qui se différencie par sa culture propre et tend vers la diversité. Curieuse de découvrir des univers qui semblent s'opposer, j'essaie de créer un lien entre eux, en questionnant leurs différences, en sortant du simple constat, je tente dans mon travail de plasticienne de questionner le monde économique. L'étonnant paradoxe de ces deux mondes ainsi superposés révèle intensément les travers de notre société, de ses maux et ses aspirations.

Dans un second temps, parler des minorités c'est reconnaître qu'il existe des cas de survivances, qui représentent l'une des conséquences des transformations politiques, économiques, sociales et comportementales de ce nouveau millénaire et en constitue par ailleurs un des enjeux. Montrer que l'homme a su inventer une culture de la différenciation et que part le simple fait de penser différemment, certain micro-organisme –pour ne pas les appeler minorités- on trouver un moyen alternatif de vivre et d’échapper au model dominant du moment. Refuser l’uniformité, cela se joue dans la vie quotidienne, sans pour autant être toujours visible.

Nous sommes constamment dans deux postures antinomiques qui coexistent et nous permettent d’être à la fois polyvalent et spécialisé. L’exemple de Joêl de Rosnay est assez frappant : La main, est un outil qui permet à l’homme de faire des actions quotidiennes dites « vitales » et en même temps, elle est capable de grande habileté ; d’un savoir faire particulier qui permettra à certain grand homme de créer.

Il existe un va-et-vient constant entre le particulier et le spécifique et que ce tout fait sens. Il s’agira dans mon travail de questionner les notions de perceptions, de lucidité et de désillusions. Tout en montrant la dualité permanente qui existe entre ces deux façon de vivre et de penser. Quand il s’agit de rendre compte de quelque chose, on à deux manières de restituer le propos, par l’emphase ou a contrario en contractant le phénomène.

Le registre que j’ai choisi pour m’exprimer sera l’absurde, en instaurant une atmosphère qui rend compte de cette forme d’humour décalé, comme fil directeur dans mes recherches photographique et graphique. L’humour est un moyen de retenir l’attention et sera ici, un jeu visuel afin d’exprimer et de souligner les contradictions probantes de nos façons d’agir. L’absurde n’y est pas démontré, mais simplement mis en scène ; c’est au spectateur qu’il revient de comprendre, grâce aux gestes. Le langage mis en scène n’est plus un moyen de communication mais exprime le vide, l’incohérence et représente la vie, laquelle est elle-même ridicule.

« L'absurdité des situations mais également la déstructuration du langage lui-même ont fait de ce style théâtral un mouvement dramatique à part entière. Ce type de théâtre montre une existence dénuée de signification et met en scène la déraison du monde dans laquelle l'humanité se perd. » définition du théâtre de l’absurde. Texte formulé par l’écrivain et critique Martin Esslin en 1962.

À travers le monde économique, j'en dégage un moyen de création et d'invention permanent pour l'homme et ainsi j'essaie de créer une articulation entre volet économique et volet créatif. J'ai choisi de présenter mes recherches comme une source de questionnement multiple d’interrogations participatives. L'idée de parcourir et d'éprouver cette notion de diversité comme unité est fondamentale dans mes recherches. L''accumulation photographique pour chacune des parties de ma recherche, nous donnerait en premier lieu cette impression de diversité, puis dans un second temps, le travail graphique amènera la hiérarchisation des sous thèmes.

Mon travail s'argumente autour d'un projet photographique et ultérieurement graphique, l'image me permet de me situer au-delà du constat, dans une vision constructive de cet espace interstitiel entre uniformisation et diversité. Ainsi, je pose la question suivante, comment l'Homme est-il susceptible de se construire entre cette tendance à l'uniformisation et la diversité culturelle? Ce qui est important dans ces recherches c'est de voir comment un graphiste peut avoir un engagement fort et quels sont les moyens graphiques qu'il a pour exprimer son parti pris. Comme support j’ai choisi le livre afin de permettre une narration au fil des pages, je souhaite aborder avec ce projet le domaine de l’édition afin de comprendre les véritables enjeux propre à l’image.

mardi 19 janvier 2010

EXPERIMENTATION (03)


Idée de dédoublement de personnalité. LE DOUBLE, l'hologramme. Comprendre l'importance et les difficultés du rôle de l'acteur. Les différentes couches (ici réalisé grâce à une impression sur Rhodoïd) qui composent l'image représentent les différents personnages incarnés par l'acteur.